Les 100 jours

100 jours en Bolivie, au Pérou, en Amazonie et sur la côte brésilienne.

17 mars 08

Etape 2, Tupiza et trek en 4x4

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Profil de l'étape
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Départ : Tupiza
Arrivée : Auberge de sel proche du Salar d’Uyuni
Durée : 4 jours
Calendrier : du 30 novembre au 3 décembre 2007
Caractéristiques : vide humain et paysages grandioses
Ne pas oublier : l’appareil photo (tant qu’à faire)


Le ciel est bleu sur Tupiza, la journée s’annonce agréable. Le Soleil donne, l’air est léger : aucune trace du temps tumultueux par lequel nous étions arrivés la veille.

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Programme du jour : une ville à découvrir, et notamment les joies du cybercafé bolivien. A savoir, les trois quarts des cybercafés avec une pancarte « Internet » ne disposent en fait pas de connection. Et puis, si l’on parvient à accéder au net dans l’un des endroits les plus reculés de la planète, il faut être tolérant, très tolérant concernant le débit. Nous nous résignons donc à utiliser une connection à 10 Mbits/sec, à comparer aux 54 Mbits/sec correspondant au bas débit français !
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Chaleur et nonchalance. On se pose sur un banc de la place du village… Sieste, tandis qu’en face, des ouvriers bétonnent la rue. Un peu plus loin, des Boliviens se font un billard à l’air libre.
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Le lendemain matin, c’est parti pour un trek de 4 jours à la découverte du sud bolivien, une région où la planète s’habille souvent d’un air bizarre, insolite, fantastique.
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Nos accompagnateurs : Raoul comme chauffeur, et Bernie comme cuisinière.

raoul                    Bernie

Premier jour et déjà, premiers émerveillements. Le 4x4 roule dans le lit d’une rivière à sec, puis les premières montées sur des chemins de terre nous font rapidement sentir de légers maux de tête dus à l’altitude.
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Après les premières montagnes, nous arrivons sur les plaines altiplaniques. Véritable désert humain, la région compte de rares villages au paroxysme de l’isolement, balayés par les bourrasques de vent et pétrifiés par le froid.
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Au premier village que nous traversons, les quelques habitants restent distants, dissimulés derrière leurs écharpes et leurs bonnets. Dès que nous sortons nos appareils photos, ils se cachent. Malgré nous, nous passons de spectateurs de la pauvreté à acteurs d’un jeu pervers et gênant.
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Finalement, les lamas nous paraissent d'un coup beaucoup plus avenants.

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Par contre, dès notre arrivée dans le deuxième village, nous avons droit à un attroupement de Boliviens plus curieux autour du 4x4. A leurs yeux, nous sommes des hommes de Mars.

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La grosse surprise vient cependant en soirée. Nous roulons à 5000 mètres d’altitude, sur la route de l’auberge où nous allons passer la nuit. C’est alors que tombé du ciel, le coucher de soleil sur la cordillère prend des dimensions oniriques. Autant l’écrire : jamais un paysage ne m’avait autant impressionné et touché. Un ciel en feu sur des montagnes incommensurables, un paysage lunaire désertique... On a marché sur une autre planète. Même si cela ne dure qu’un instant, ce genre de moment est inoubliable.

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Nous parvenons ensuite à notre auberge. Bons lits mais confort succinct. On était prévenus : la douche attendra quelques jours, de toute façon. Comme pour les nuits qui suivront, nous n’avons droit qu’à deux maigres heures d’électricité fournie par un panneau solaire. La fin de soirée se passe dans le noir, mais qu’importe : on est déjà bien crevés.
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Départ le lendemain matin, et nouvelle journée riche en curiosités. Nous traversons des plaines immenses, franchissons des montagnes, traçons nous-mêmes notre chemin lorsqu’il disparaît parmi les rochers et les rivières. On se cogne deux trois fois dans la voiture mais ce n’est pas bien grave.

Ici et là, nous sommes contrôlés à des postes de l’armée bolivienne. Gérôme y aura d’ailleurs malheureusement perdu son sac de feuilles de coca… Non pas que cela soit illégal, mais les militaires ont décidé de se servir généreusement... Nous passons également devant des camps militaires aux maisons vert kaki ovales directement sorties d’un film de science-fiction.
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Qui l’eût cru ? Un désert de sable porte le nom de... Salvador Dali. On raconte que le peintre aurait été pionnier du tourisme dans la région et s’y serait perdu pendant un mois et demi… Les couleurs du désert ont beaucoup inspiré son génie créateur.

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Malgré le temps maussade, la lagune céleste, tout près de la frontière chilienne, conserve son bleu turquoise. Un vent à décorner les lamas (qui d’ailleurs n’en ont jamais eu – de cornes) et au sol, des cristaux de sel.

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Nous parvenons ensuite à Aguas Calientes. Le climat extérieur est particulièrement rude, mais une piscine naturelle offre une eau à 37 degrés.

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Comme partout en montagne, le temps peut se dégrader très vite...
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Les geysers dégagent une très forte odeur de souffre et beaucoup de fumée. Il paraît qu’il ne faut pas trop s’en approcher, mais quelque chose me dit qu’on peut y faire rôtir un poulet en un temps record. ^^

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Un passage par la « Laguna Colorada » vient achever notre journée. Reflets roses voire rouges de l’eau et flamands roses…

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Une nouvelle auberge nous accueille pour la soirée. La nuit s’annonce froide, mais les couvertures ont été prévues. Seuls les vociférations des Israéliens dans le couloir d’à-côté et les 4700 mètres d’altitude peuvent menacer la quiétude de notre sommeil.
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3ème jour de trek...
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et premier arrêt à l’Arbre de pierre…

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Les lagunes se suivent et ne se ressemblent pas, aux couleurs tantôt blanches, vertes, ou bleues. La Laguna Honda et la Laguna Hedionda comptent comme beaucoup d’autres une multitude de flamands roses.

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Le midi, repas sur des roches volcaniques, au pied d’un volcan d’ailleurs encore en activité.

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(oui oui, c'est moi tout là-bas !)
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Le reste de la journée est surtout consacré à avancer vers Uyuni. Si nous nous arrêtons ici et là, et notamment à San Juan de Rosario, un petit village, l’essentiel est pour nous de nous rapprocher au plus près du salar, où nous irons le lendemain.
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Nous passons notre dernière nuit de trek dans une auberge particulière. Des murs au sol, sans oublier les tables de nuit : presque tout est en sel. Le mobilier est construit en bois de cactus. C’est souvent le cas dans la région. Pas de douche, comme toujours, et pas d’électricité : nous nous éclairons donc à la bougie.
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Le Soleil se couche tôt par ici. Nous l’accompagnons sans prendre beaucoup de retard sur lui.
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Demain, le lever est programmé à 4h du matin. Ce sera peut-être un réveil un peu difficile, mais l’objectif à atteindre le mérite bien : assister au lever du soleil sur le salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel du monde.

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21 mars 08

Etape 3, salar d'Uyuni

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Départ : auberge de sel
Arrivée : Uyuni
Durée : une journée
Calendrier : 4 décembre 2007
Caractéristiques : Le salar d'Uyuni est le résultat de l'assèchement d'un lac préhistorique géant. Plus grand désert de sel du monde, il représente une surface de 12500 km² (soit davantage que la superficie de la Haute-Normandie ^^). 25 000 tonnes de sel sont exploitées chaque année, tandis que les ressources du gisement sont estimées à 10 milliards de tonnes (1/3 du lithium de la planète).
Ne pas oublier : les lunettes de Soleil


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Le ciel insoumis s’est levé sur nos ombres, notre course à 100 km/h après les havres s’achève au bout du monde. Nous descendons du véhicule. Froid et silence figent tout, tandis que le nez au vent, nous prenons de la hauteur… Sublimation. L’essentiel devient visible pour les yeux… Ils n’en reviennent pas.

Mais que se passe-t-il ? Le Pôle Nord semble aller sérieusement à vau l’eau : il a un goût de sel et s’est déplacé en Amérique du sud. Etrange.

Un peu plus loin, le diagnostic est encore plus préoccupant. Autour de nous, notre planète s’est affranchie de tous ses repères. Le temps joue les prestidigitateurs, la seconde prend ses aises, l’horizon en profite pour s’étaler encore un peu.

Au détour d’un calme étonnant, à quoi rêvons-nous ? Marche-t-on sur les flots ou planons-nous dans les nuages ? Partout, le vide à perte, l’immensité inconcevable.

Nous foulons une sphère immaculée d’humanité.

Un avant-goût du paradis, probablement.

L’apaisante plénitude du néant.

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Retour au monde réel.

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Pas grand chose à dire sur cette étape du voyage. Les mots ne suffisent plus, les photos échouent à rendre le grandiose. Une seule envie : revivre ce moment, une nouvelle fois.

Au prochain épisode, chers amis, changement d’ambiance : la glauque Potosi et ses mines sordides. Préparez vos casques, votre lampe torche et vos bottes !

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22 mars 08

Etape 4, Potosi et ses mines

carte4Profil de l'étape
Départ : Uyuni
Arrivée : Potosi
Durée : 2 jours
Calendrier : 5 et 6 décembre 2007
Caractéristiques : de l'émerveillement serein à une effroyable tristesse, de la beauté d'un ciel à l'horreur d'un enfer
Ne pas oublier : l'écharpe dans le bus


A peine remis de l'extraordinaire désert de sel découvert la veille, nous laissons Uyuni derrière nous dans la matinée, rassasiés d'excellents jus de fruits.

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Notre autobus nous transporte pendant six heures dans la montagne bolivienne. La prudence est de mise : le chauffeur use et abuse du klaxon. Derrière les fenêtres, peu de végétation, mais des ravins souvent vertigineux, des lamas comme jamais et quelques villages en perdition.

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Sur la dernière partie du voyage, tandis qu'il nous reste à peine quelques kilomètres avant d'arriver à destination, des travaux bloquent la "route". Joies du pays, nous serons immobilisés durant deux heures... Cela aurait pu être pire. Tandis qu'une mémé s'empresse d'uriner juste devant nos yeux en soulevant à peine son énorme jupe turquoise, des détonations résonnent à flanc de montagnes : les ouvriers cassent des blocs de rochers à la dynamite.

Enfin, avec deux heures de retard, nous débarquons dans la ville la plus haute du monde, à presque 4000 mètres. Impression première très glauque. Il paraît loin, très loin le temps où cette cité fut le paradis des plaisirs et des luxes de l'Espagne coloniale.

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"Cette société de Potosi, malade d'apparat et de gaspillage, ne laissa que le vague souvenir de ses splendeurs, les ruines de ses temples et de ses palais, et huit millions de cadavres d'Indiens. N'importe quel diamant incrusté dans le blason d'un riche seigneur valait à lui seul plus que ce qu'un indien pouvait gagner dans toute sa vie de mitayo, mais le seigneur fila, lui, avec les diamants. La Bolivie, aujourd'hui l'un des pays les plus pauvres du monde, pourrait se vanter - si cela n'était pathétiquement inutile - d'avoir alimenté la fortune des nations les plus riches. De nos jours, Potosi est une ville pauvre de la pauvre Bolivie : "celle qui a donné le plus au monde et qui possède le moins", m'a dit une vieille dame de l'endroit, enveloppée dans un interminable châle d'alpaga (...). Cette ville condamnée à la nostalgie, tourmentée par la misère et le froid, reste une plaie ouverte dans le système colonial américain : une accusation toujours vivante. On vit du peu qui reste."

Les Veines Ouvertes de l'Amérique Latine, Eduardo Galeano

... Ce qui reste, on le ressent d'emblée. La ville dégage un malaise inexprimable, étouffée par l'altitude et abattue par un ciel gris permanent.

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Sous une pluie déprimante et un froid peu convivial, nous cherchons un hôtel puis visitons le marché, foisonnant de contrefaçons.

La nuit tombée, nous montons la rue animée commerçante. Les Boliviens ont beau être des gens calmes, la cohabitation véhicules-piétons ne se fait pas sans heurts. Les boutiques alignées se rassemblent et se ressemblent selon leur objet de vente : ici les chaussures, là-bas les robes de mariage... Derrière les vitrines, les gâteaux blancs gigantesques semblent tout droit sortis d'une bande dessinée, et la bière locale donne davantage de mousse que de boisson.
Le centre de la ville n'est pas dénué de charme. On finirait presque par se croire dans un village savoyard, avec ses nombreuses places et leurs petites églises, maisons de pierre et balcons de bois.

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Un peu plus loin, j'entreprends avec Raph de grimper une grosse colline, afin de profiter d'un panorama nocturne sur la ville. Mais en périphérie, nous infiltrons, sans le savoir, le quartier des mineurs. Devant nous, dans l'obscurité, une lampe-torche à la main, des Hommes descendent la pente en silence et passent devant nous tels des fantômes. Les aboiements menaçant de chiens et les regards pesants nous encouragent à quitter rapidement un lieu glauque et somme toute assez inquiétant.

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Le lendemain matin, nous prenons notre repas au marché couvert aux côtés des Boliviens, tantôt amusés, tantôt intrigués de voir des touristes parmi eux.

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Au programme de l'après-midi : découverte de l'une des mines au pied du Cerro Rico (la montagne riche) ayant faite puis défaite la réputation de la ville. Hélène, notre guide, nous habille spécialement pour l'occasion (casques, lampes, imperméables, bottes) et nous mène au "marché des mineurs", où ces derniers s'approvisionnent pour exercer leur tâche. Nous y achetons des feuilles de coca, de la boisson et un peu de nourriture à leur offrir par la suite.

Nous allons être témoins du véritable scandale qui se déroule dans le ventre de la Terre.

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Une fois arrivés sur place, nous pénétrons dans la mine via un petit tunnel plein de boue. Le premier contact, déjà, rebute. L'air vicié par l'odeur de dynamite, la poussière de silice et l'arsenic ainsi que le manque d'oxygène rendent la respiration particulièrement désagréable.

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On se croit davantage dans une grotte que dans une mine en exploitation. Seules nos lampes, fixées à nos casques et alimentées par une batterie accrochée à notre taille, éclairent tant bien que mal notre progression dans des galeries humides et dangereuses. Car les conditions de sécurité, n'en parlons pas. Nous ne pouvons compter que sur notre vigilance pour ne pas glisser et faire une chute fatale de plusieurs mètres.

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Notre première rencontre avec les mineurs est aveugle. Ils sont en bas, dans un petit trou, plusieurs dizaines de mètres en-dessous. Comment se sont-ils glissés au fond sans déraper et se blesser ? Notre guide les interpelle, nous les entendons à peine et nous nous contentons de leur balancer des vivres. Nous en distribuons aussi à d'autres mineurs que nous croisons un peu plus loin.  Ils crachent et toussent grassement, mâchent leurs feuilles de coca pour ne ressentir ni la faim tenaillante ni l'atroce souffrance du calvaire qu'ils endurent chaque jour.

Nous faisons avec certains d'entre-eux une rencontre bien particulière. Pendant qu'ils se reposent, nous prenons la pelle et remplissons un wagonnet de cailloux. Le matériel est archaïque au possible, et leurs conditions de travail ne valent pas mieux que dans les mines de charbon en France du temps de Germinal.

Jugez vous-mêmes. Employés par l'une des trente coopératives existantes faisant la course à la rentabilité, les mineurs doivent donc extraire un maximum de minerai sous terre. C'est bien simple, pour manger quotidiennement, ils travaillent sept jours sur sept. Les plus jeunes, paraissant souvent beaucoup plus âgés qu'ils ne sont, exécutent les tâches très physiques, comme soulever des chariots de minerai.
Afin de toucher leur salaire misérable, les travailleurs doivent effectuer au moins 70 allers-retours de wagonnets. Evidemment, plus tu en fais, mieux tu es payé... Les wagonnets sont extrêmement lourds, remplis de cailloux, et sont poussés à bout de bras sur des rails approximatifs, dans des galeries étroites ne dépassant souvent pas 1m30 de haut...  Ensuite, les mineurs transportent les sacs de pierre en toile - une quarantaine de kilos chacun - jusqu'à la sortie, sur plusieurs dizaines de mètres de dénivelé. Un calvaire difficilement imaginable de nos jours.

Ah oui, j'allais oublier... Dans un coin du tunnel, nous rencontrons... le Diable en personne.  Car oui, lorsqu'ils sont dans les galeries, les mineurs vénèrent Lucifer, ou "El Tio", comme ils l'appellent. La statue qui s'offre à nos yeux croule sous les offrandes. Ils lui offrent des feuilles de coca et s'enfilent bouchons sur bouchons de l'alcool à 90°C. La présence du Diable ne surprend pas vraiment : ce monde s'apparente davantage aux limbes qu'à autre chose... Mais cela reste très sérieux : en offrant des présents au Maître des entrailles de la Terre, les travailleurs espèrent éviter sa colère et se protéger des nombreux dangers dans la mine.

Bref, après deux heures, nous retrouvons l'air libre abasourdis et malades du terrible spectacle auquel nous venons d'assister. Je n'ai pas jugé utile de prendre de photos. La guide, qui se fait porte-parole de ces misérables exploités auprès des touristes, a les larmes aux yeux.

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L'espérance de vie d'un mineur de Potosi est de 50 ans. S'il ne meurt pas dans une chute ou un éboulement (une grosse dizaine de morts par "accident" l'année dernière), la silicose l'emporte rapidement. A Potosi se déroule encore de nos jours le plus grand génocide de l'Histoire de l'humanité. Depuis 300 ans, plus de 8 000 000 d'indigènes ont laissé leur vie dans la misère et l'ignorance totales.

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28 mars 08

Etape 5, La Paz

carte5Profil de l'étape

Départ : Potosi
Arrivée : La Paz
Durée : 5 jours
Calendrier : du 7 au 11 décembre 2007
Caractéristiques : des briques et des pauvres


12h de bus de nuit au départ de Potosi sur des routes (ô surprise) parfaitement goudronnées, et hop : nous arrivons à La Paz... en dormant.

Le choc est d'autant plus fort lorsque nous mettons le nez dehors. Il est 6h du matin tandis que la ville se révèle derrière un mur, éclairée par les premiers rayons du Soleil. Nous nous serrons à six dans un taxi pour quatre (avec nos bagages !), puis direction une auberge du centre.

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Quelques uns repartent se coucher, d'autres vont sur le net, et j'en profite pour faire une balade matinale. Le site de la capitale bolivienne est pour le moins dépaysant. La Paz est née dans la vallée de Chuquiago Marka à 3600 mètres d'altitude en moyenne, entourée par des sommets qui dépassent les 6000 mètres. Le site est confiné à l'extrême, la densité de l'espace et la précarité du bâti impressionnent. Dans des rues constamment en pente, les maisons sont le plus souvent en briques, et les toits en tôle.

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Tandis que j'y fais mes premiers pas, La Paz s'éveille progressivement. Le capharnaüm commence... La ville paraît charmante au premier abord car dépaysante, et la modernité rationaliste à laquelle nous sommes habitués semble bien loin. Mais rapidement, on se rend compte qu'il serait impossible de vivre ici et de s'intégrer sans changer radicalement de mode de vie.

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Je parcours quelques rues et les stands s'installent petit à petit, la symphonie (cacophonie ?) urbaine prend forme. Allegro presto ma non troppo sous couvert de grande débrouillardise. Le marché assaille les trottoirs, la foule grouille, et les gros Vans forcent le passage. Ces derniers sont les transports en commun de la ville. Le nom de la destination est scandé par un Homme à la fenêtre, qui se fera un plaisir de transporter le quidam qui lui fait signe, bien qu'il n'y ait physiquement pas de place dans le véhicule.

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Les rues animées traversées de part en part par des fils électriques agencés n'importe comment mélangent l'artisanat aux boîtes de conserve. On y trouve de quoi devenir un parfait petit Bolivien : des vêtements traditionnels (écharpes en alpaga et chapeaux), des fœtus de lamas séchés à enterrer sous sa maison pour rendre hommage à la Pachamama (la terre-mère)... Au programme aussi, jus de fruits et pièces de viandes ou de volailles. Les poules gueulent encore plus fort que les Hommes et, il faut le dire, parfois ça chlingue. En cage, les animaux n'attendent qu'à être égorgés par la dame au chapeau avant de terminer sur l'étalage dans un concert de mouches. De jeunes cireurs de chaussures proposent leurs services aux passants, d'autres quémandent. Le sous-développement saute aux yeux, aux nez et aux oreilles.

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Aucune autre grande ville d'Amérique du Sud semble être autant exclue de la mondialisation culturelle. Les magasins de luxe évidemment n'existent pas, les supermarchés n'y pensons pas, et les librairies non plus. Les restaurants sont loin de courir les rues (et lorsqu'on en trouve, l'estomac en prend souvent un sérieux coup). Seul un Burger King est implanté dans le centre-ville (on y boit Coca Cola et non Pepsi), depuis que le Mc Donald's a fermé vu sa faible fréquentation. Pour le reste, les fast-food boliviens continuent de résister encore et toujours à l'envahisseur, à grands renforts de poulets-frites.

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Le Palais du président Evo Morales (ex trompettiste dans un orchestre traditionnel)

Durant les quelques jours que nous passons à La Paz à monter et descendre les rues, nous avons ainsi tout loisir de découvrir d'autres facettes de la ville. Cela ne se fait pas sans efforts, car si les photos ne rendent pas compte du dénivelé, croyez-moi, c'est physiquement éprouvant. Mais le spectacle est là.

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Face à tous cela, le quartier riche, il faut le dire, tombe comme un cheveux dans la soupe.

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En contrebas de la vallée, à l'écart, c'est un petit monde clos sur lui-même, copie conforme d'une ville des États-Unis. Tout est nickel, et les caméras de surveillance y veillent. Heureusement, la monotonie de notre visite est brisée par ma rencontre mémorable avec Z (de TéléZ bien sûr).

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Et puis, sur l'altiplano andin, au-dessus de La Paz, rien à voir. Une immense banlieue alimentée par l'exode rural est devenue une ville pauvre de 1 million d'habitants : El Alto.

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Une seule route principale la traverse. Pour le reste, ce ne ne sont que des chemins poussiéreux voire succinctement goudronnés. Partout, sur des kilomètres interminables, on trouve des maisons basses d'adobe et de tôle, 4 murs et une porte de fer, mais souvent ni eau ni électricité. Beaucoup de Boliviens ramassent l'eau de pluie, et n'ont droit ni aux égouts, ni à l'électricité publique.
C'est la grande débrouille. Les habitants construisent eux-mêmes leur ville, pavent leurs rues, transportent du sable dans leurs brouettes et construisent jour après jour leurs ronds-points. Un peu partout, des terrains vagues font office de décharges où chèvres et poules viennent se nourrir. Sur quelques pylônes, des mannequins en chiffon pendus symboliquement sont censés éloigner les voleurs.
El Alto, ville cache-misère.

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Enfin, souffrez (ou faites semblant) d'apprendre que la fièvre typhoïde -sans fièvre- s'est imposée comme ma compagne de voyage pour le reste du séjour. Elle m'a obligé à veiller sur elle quelques après-midi à l'hôtel, en attendant le médecin ou les résultats d'analyse médicale. En Bolivie, de toute façon, chacun connaît la joie d'attraper une plus ou moins grave maladie... Les perturbations intestinales font partie des curiosités touristiques, et elles réservent parfois leurs surprises ^^

Pour finir, parce qu'on aime les panoramas n'est-ce pas, en revoici un pour la route :P

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31 mars 08

Etape 6, Copacabana

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Profil de l'étape

Départ : La Paz
Arrivée : Copacabana
Calendrier : du 12 au 13 décembre 2007
Caractéristiques : les Andes font trempette dans un bain couleur saphir
Ne pas oublier : la crème solaire écran total


De nouveau sur les routes boliviennes, nous poursuivons notre progression vers le nord et la frontière péruvienne. Clara et Gérôme ne voyagent plus avec nous, ils ont entamé leur retour progressif vers l'Europe pour les fêtes de Noël. L'aventure continue donc à trois.

Une fois traversé l'altiplano dénudé, un tout nouveau visage de la Bolivie se présente. Loin des étouffantes mines de Potosi et des quartiers asphyxiants de La Paz, notre quête d'inspiration nous mène dans la région du lac Titicaca, aux reliefs placides et reposants, baignés de lumière et tempérés par la nonchalance des gens qui y vivent.

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Pour rejoindre notre lieu de villégiature, nous devons traverser un bras du lac. Tous les voyageurs descendent au coude à coude et laissent le bus sur un radeau entre de bonnes mains. Une fois débarqué sur l'autre rive, le véhicule est à deux doigts de partir tandis que nous descendons à notre tour sur la terre ferme, avec un peu de retard. Il aurait été fâcheux d'avoir à faire du pouce pour le rattraper...

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Il n'y a pas à dire, ici, on est bien.

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En cette saison, l'eau reste peut-être froide pour la baignade mais le climat est juste correct pour se permettre de porter un t-shirt. Le doux clapotis des vagues invite à la farniente tandis que le Soleil nous caresse la peau, juste comme il faut. Selon la légende, c'est par ici qu'il est né, derrière le large, de l'autre côté. L'éclairage est si particulier qu'on est prêt à le croire.

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Titicaca s'impose en toute majesté. Le plus haut lac navigable du globe en est aussi l'un des plus grands : plus de 230 km de long, 97 km de large, à une altitude de 3820 m. Finalement, c'est un peu la Méditerranée perchée en haute montagne.

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Sur ce site enchanteur est née la petite ville de Copacabana. Ce petit coin de dépaysement accueille de nombreux touristes mais reste une oasis d'une grande quiétude, même si les apparences dissimulent en fait un chaos politique et social (la ville est notamment l'une des plus grosses plaques tournantes de la drogue du continent).

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Cela devrait rappeler des souvenirs à quelques uns ^^

Nous passons deux jours sur les lieux. Cyp loue une moto pour découvrir les alentours, Raph et moi gravissons l'une des collines qui veille sur la ville. Mine de rien, l'ascension n'est pas la promenade de santé escomptée. Reste que s'il nous vient à l'idée de nous plaindre, les paysages finissent toujours par parler à notre place.

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Au sommet, à la dernière étape du chemin de croix, des mémés boliviennes, le chapeau au vent, accueillent les âmes de passage désireuses de se rafraîchir le gosier ou (mieux !) d'acheter une petite voiture en plastique (tu sais maman, comme celle que tu m'avais payée pour mon garage quand j'étais petit). Encore une fois, si les moeurs boliviennes surprennent, l'explication est intimement liée aux croyances traditionnelles : donc non, ce n'est pas pour faire joujou, mais acheter la voiture en plastique au pied du calvaire revient à demander au Tout Puissant assez de bolivianos pour pouvoir s'en offrir une vraie de vraie.

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La cathédrale d'ailleurs, mérite un petit coup d'oeil. On se demande bien où Dieu cache ses tunes.

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Cependant, ce qui restera peut-être comme le souvenir marquant de Copacabana, ce sont ses truites délicieuses et évidemment très bon marché pour nous. Le long de la plage, de nombreux petits restaurants à ciel ouvert les cuisinent de mille et une façons (au citron, à l'oignon...) au son des guitares et des flûtes de pan.

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Je n'ai pas évalué le nombre de truites lamentablement... détruites dans mon estomac, mais à raison d'un poisson (allez j'avoue, parfois deux) à chaque repas, sans compter la collation du milieu d'après-midi, les chiens copacabaniens aficionados de restes ont dû être aux anges.

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Etape 7, Isla del Sol

carte6Profil de l'étape

Départ : Copacabana
Arrivée : frontière Bolivie-Pérou
Calendrier : 14 et 15 décembre 2007
Caractéristiques : bienvenue chez les Incas
Ne pas oublier : manger des truites



 

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On l'appelle l'Isla del Sol (l'ïle du Soleil). A deux heures de bateau de Copacabana, c'est la plus grande île du lac Titicaca, d'une longueur de 9,6 km et d'une largeur de 4,6 km. Notre passage y est rapide, probablement trop pour profiter à fond de cette citée perdue, ancien sanctuaire dédié au dieu Inti et lieu de naissance du Soleil selon la mythologie inca.

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Sitôt débarqués sur la terre ferme, nous nous faisons interpeler par plusieurs guides désireux de nous emmener à leur hôtel. Mais nos yeux voient surtout devant eux la rude épreuve qui nous attend : l'escalier de l'Inca. 45 minutes de montée afin d'atteindre le premier village, avec notre sac de 15-20 kg sur le dos, cela nous décourage d'avance.
Avant l'effort, le réconfort... Une truite dans le ventre et zou, c'est parti !

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L'escalier de l'inca grimpe parmi les terrasses

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Arrivés en haut tout en sueur et épuisés, nous nous installons dans des chambres chez l'habitant. Le confort est succinct, mais lorsque l'on passe son temps en voyageur, le plaisir de s'allonger sur un matelas est décuplé. La preuve : ce qui devait au départ s'annoncer comme une petite pause s'est rapidement transformé en longue sieste.

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Ce qui nous intrigue, ce n'est pas tant le paysage que...

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...ça.

Je me réveille en fin d'après-midi, à l'aube du crépuscule. Raph est déjà parti vadrouiller, tandis que Cyp et moi partons à sa rencontre. Sur le chemin, des Boliviens ramènent quelques bourris à leurs pâturages... Heureux de croiser ces êtres charmants, je décide de prendre quelques clichés et de mitrailler quelques d'animaux qui auront eu le temps de me passer devant le nez pendant que je cherchais mon appareil. Qu'importe me dis-je, car à défaut d'avoir la tête, un postérieur d'âne sur l'île du Soleil ça pète quand même. Reste que la petite fille qui accompagne les chanteurs de hi-han se met alors à me faire comprendre que ses animaux ont un droit à l'image et qu'il faut que je paye pour ramener un souvenir. A la rigueur, on pourrait concevoir qu'il serait normal de donner un peu d'argent pour d'autres raisons... sauf que l'endroit est touristique, et loin d'être l'un des plus pauvres qu'on ait vu. Et puis zut, qu'on rémunère les propriétaires de vaches en Normandie lorsque l'on prend leurs bovins en photo dans ce cas !

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Le Soleil s'est échappé derrière l'horizon et nous laisse seuls sur des terres sacrées peu à peu envahies par le froid.

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Nous sommes seuls dans l'obscurité tombante. En face, sur l'autre colline, perdu dans la végétation, un bûcher se consume, un filet de fumée s'élève dans le ciel. Des percussions tribales résonnent, et laissent à penser que l'on sacrifie bien un lama ou deux. Indiana Jones est forcément passé par ici dans l'une de ses aventures.

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L'ambiance continue de nous ensorceler lorsque nous redescendons en pleine nuit vers notre village dans un dédale de petits chemins plus ou moins bien délimités. On s'y perdrait presque. La fête de fin d'année se déroule dans les murs de l'école. La musique folklorique résonne à nos oreilles et furtivement, nous percevons quelques enfants en costume.

Nous passons la soirée dans une pizzeria à deux tables. Comme toujours, le repas ne coûte rien... la Bolivie, pays idéal pour touristes fauchés.

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Au petit matin le lendemain, nous redescendons l'escalier de l'Inca afin de reprendre le bâteau de 10h pour Copacabana. Puis, un bus nous mène de l'autre côté de la frontière.

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La frontière Bolivie-Pérou, à 5km de Copacabana

Après 16 jours, l'odyssée bolivienne s'achève ici... Restent deux mois et demi de voyage. L'Amazonie et le carnaval au Brésil nous paraissent encore bien loin. Et pourtant, le rythme fou sur lequel notre périple va continuer ne cessera de nous étourdir de paysages toujours aussi contrastés et de rencontres inoubliables. Le voyage continue.

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Juli, petite ville sur la route entre Copacabana et Puno (Pérou)

Posté par SrNicolas à 01:03 - Bolivie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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