03 juin 08
Etape 14, Iquitos
Profil de l'étape
Iquitos,
Calendrier : du 6 au 8 janvier 2008
Caractéristiques : l'Amazonie enfin.
Dans l'idéal : ne pas faire une crise cardiaque. Le premier centre hospitalier digne de ce nom est un peu loin.
L'avion s'est offert une échappée de l'étouffante Lima et survole ce qui s'annonce comme notre terrain de jeu des jours à venir : l'Amazonie.
Du Pacifique à l'Atlantique, le rendez-vous avec l'océan est pris pour trois semaines plus tard. En attendant : excursion dans la jungle, découverte de villes amazoniennes et descente du fleuve Amazone de sa naissance à son embouchure, soit sur un peu plus de 3500 kilomètres. Voici le programme alléchant des prochaines étapes.
Vue de haut, l'immensité fait peur. Hormis de rares espaces défrichés et quelques cours d'eau en lacets, la végétation luxuriante se perd à l'horizon. On devine déjà la jungle sous nos pieds, les tempêtes tropicales, les crocodiles déguisés en tronc d'arbre et toutes les sales bestioles qu'on retrouve dans Indiana Jones.
L'avion descend, nous avons l'impression de frôler les arbres et d'atterrir en pleine forêt. En réalité, nous voici à Iquitos, considérée comme la "grande ville" péruvienne amazonienne.
Dès nos premiers pas sur le tarmac, la chaleur équatoriale nous saisit et nous convainc de ne pas commencer à nous plaindre. Après tout, on est aussi venu là pour ça. Et puis, on comprend pourquoi il nous fallait prendre l'avion : ici, le contact routier avec l'extérieur n'existe pas. Iquitos est cernée par la jungle sur des milliers de kilomètres, et fonctionne presque en vase clos. Seuls les quelques avions et les bateaux la relient avec le reste du pays ou avec les pays frontaliers. Quand on ne consomme pas "local", tous les produits y sont donc plus chers. D'un coup, les distances paraissent considérables. On est très loin de tout, et on s'en rend compte.
Dès notre sortie de l'aéroport, les guides nous agressent. Pas difficile de trouver celui qui nous emmènera faire un tour dans la jungle quelques jours plus tard, celui-ci parlementant à l'aide de son "cahier de recommandation" (soigneusement rempli par les touristes) jusqu'à ce que nous acceptions.
L'auberge de jeunesse où nous nous logeons est, surprise, tenue par un Français (normand !), semble-t-il en quête de perdition et de recherche de la Vérité. Plus généralement, la ville est bel et bien l'Eldorado des touristes en quête de mysticisme, à base de formules et rites vaudous, de plantes magiques et d'incantations exorcisantes prononcées par les sorciers. Par ailleurs, de nombreux panneaux muraux nous rappellent aussi qu'Iquitos est une cible privilégiée pour le trafic d'enfants, et mettent en garde les éventuels pédophiles en chasse venant profiter de la beauté métisse (il est vrai assez surprenante) de gamins en perdition.

Dans notre auberge : un perroquet sympa qui nous réveillait le matin dès le lever du soleil en gueulant "Rafaeeeeel". Cela ne manquait évidemment pas de mettre Raph, comme chacun le sait dormeur invétéré, de mauvais poil. Au passage, c'est donc aussi la preuve que les perroquets gris du Gabon ne sont pas les seuls à pouvoir parler ^^

Un pote toucan, très sympa aussi
Sinon pour revenir à nos moutons, Wah. Beaucoup de touristes parlent d'Iquitos, mais très peu s'y rendent. Il faut dire que niveau accessibilité, y'a plus simple. On s'y sent donc rapidement (et agréablement) seuls. Mais le lieu est à la hauteur de sa très bonne réputation et remporte sans problème le grand prix de la ville la plus accueillante des 100 jours, avec Cuzco.

Pour circuler, très peu de voitures. Ici, ce sont des "motos-taxis" qui nous mènent d'un bout à l'autre de la ville.
Ce n'est pas pour rien si Iquitos est souvent appelée la "ville la plus sûre du continent"... Effectivement, on s'y sent (curieusement ?) en sécurité. Les péruviens nous abordent avec le sourire et engagent la conversation, les gamins accourent pour poser devant nos appareils photos. Ici, on traîne dans les rues sans soucis, le jour comme la nuit (peut-être aussi parce que tout le monde a tendance à se connaître, d'où un fort contrôle social ?). Et en soirée, les rassemblements se font en plein air sur la place centrale autour des serpents, puis un peu plus tard en famille autour de l'orchestre local de "musique traditionnelle" (pensez au tube de l'été Tic tic tac il y a une dizaine d'années pour vous faire une idée), ou encore en boîte. Comme on peut s'en douter, les moeurs sont assez libres, sans complexes. Sortir en famille n'est pas un problème pour les plus jeunes. Pour exemple, il n'est pas rare de se faire draguer par la mère de 40 ans venue accompagner sa fille adolescente ^^...
Clichés de la vie quotidienne...

Le soir de notre arrivée, défilé des enfants des écoles à l'occasion de la fête de la ville
Petit tour au marché...

Concert bon enfant improvisé sous les yeux des quidams

Piranha : poisson prédateur vorace qui sait faire mal quand il faut. Pour plus d'infos : www.piranhas-fr.com

"Danse rituelle" autour des serpents (qui d'ailleurs n'arrêtaient pas de vouloir se barrer pour venir dire bonjour au public)
Commentaires
En effet, moi aussi c'est parmi mes meilleurs souvenirs...
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