Les 100 jours

100 jours en Bolivie, au Pérou, en Amazonie et sur la côte brésilienne.

01 mai 08

Etape 11, Lignes de Nazca

carte11Profil de l'étape

Départ : Cuzco
Arrivée : Nazca
Calendrier : 27 et 28 décembre 2007
Caractéristiques : des cailloux et des dessins bizarres




Après deux jours de repos à Cuzco pour profiter du Noël péruvien et régler quelques problèmes de santé persistants, je m'exile dans le désert et laisse Raph partir pour Lima, 1000 kilomètres au nord. De mon côté, mon gros sac sur les épaules, je décide de faire un détour par la région désertique de Nazca, en pèlerinage solitaire sur des terres mystiques.

Une nuit de bus. Lorsque la lumière du jour apparaît, mes yeux découvrent un paysage totalement aride et vide à l'infini. Pour ainsi dire, aucune plante ne pousse. Partout, ce ne sont que gros rochers et cailloux. La région est l'une des plus sèches du monde. Pour ainsi dire la pluie n'existe pas, le vent ne souffle jamais et les températures très élevées sont parfois difficilement supportables. La route serpente entre les collines caillouteuses (je ne veux pas connaître la fréquence des éboulements) et le bus arrive à Nazca, tôt le matin.

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Les guides me sautent dessus dès que je descends, avant même que j'ai récupéré mes bagages dans la soute. Etant seul, je n'hésite pas trop à m'octroyer les services de l'un d'entre eux, qui rapidement me mène au meilleur hôtel de la ville, et me propose de s'occuper de mon vol le lendemain.

Car oui, l'attraction principale ici, c'est prendre l'avion pour observer les étranges et fameux géoglyphes dont les photos ont fait le tour du monde... Mais si, vous savez, les grandes figures tracées au sol que l'on ne voit que du ciel ! Certaines d'entre-elles sont absolument gigantesques, et font plusieurs kilomètres de long. En tout, ce sont 350 dessins qui ont été tracés. Certains représentent des animaux, d'autres d'énormes figures géométriques.
Ces lignes mystérieuses ont attiré l'attention de nombreux scientifiques depuis leur découverte en 1926, mais aussi celle des passionnés d'ésotérisme. Il est aujourd'hui à peu près certain que ces géoglyphes ont été tracés par les Nazcas entre 300 avt JC et l'an 800. Il a été démontré que leur réalisation, grâce à des procédés géométriques "simples", était possible à l'époque. De plus, le climat extraordinaire et l'absence totale de sable et de poussières ont permis leur conservation.

En fait, ce qu'on a du mal à expliquer, c'est pourquoi. Diverses théories ont été formulées, même si celle de Maria Reiche (une mathématicienne qui y a consacré la majeure partie de sa vie) est la plus couramment acceptée. Selon elle, tout ceci formerait un calendrier astronomique géant, les lignes des dessins pointant vers des étoiles particulières.
D'autres pensent plutôt que les lignes servaient à repérer les rares puits d'eau dans la région, ou encore que les Nazcas avaient étendu des feuilles de cuivre sur les lignes pour écouter les ondes produites par les séismes.
Et puis, évidemment, on ne peut s'empêcher de vouloir croire à la théorie ufologique (joli mot, hein) : les figures seraient des pistes d'atterrissage pour soucoupes volantes et les animaux tracés au sol des tentatives de communication avec E.T... plus vraissemblablement, avec les Dieux.
Enfin bref, assez parlé. Retrouvons-nous après ces quelques photos.

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Embarquement à l'aérodrome dans l'un des CESSNA. Je rejoins la piste accroché derrière la moto avec mon pilote (absent sur les photos). Ultimes communications avec la tour de contrôle, mise en piste, et décollage immédiat : c'est parti pour 30 mins de vol.

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Le fameux tableau de bord qui rappelle quelques longues heures passées sur Flight Simulator 2 ^^

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Première énorme figure intriguante... Nous volons à 3500 mètres d'altitude environ.

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Gravé sur le flanc d'une colline, "l'astronaute"

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La figure du singe

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Le condor

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L'araignée

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"le colibri"...

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Une mauvaise idée : avoir pris mon petit déjeuner avant le vol

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Vue aérienne sur la "panamerica", la route qui remonte vers Lima en longeant la côte pacifique

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Encore un oiseau étrange

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La figure de la "grenouille"

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Je ne suis pas responsable du "nom officiel" des figures. Tout au plus peut-on me reprocher d'avoir augmenté le contraste de mes photos pour les faire ressortir au mieux :p

Donc voilà. A Nazca, il n'y a pas beaucoup de choses, hormis le survol des lignes et quelques musées à visiter. Mais c'est aussi ce qui y est bien. Voyager seul et ne pas avoir de programme permet de rencontrer des gens, de vivre avec eux quelques jours, de s'imprégner de l'ambiance d'une ville en se demandant parfois ce qu'on y fait. Découvrir le Pérou autrement, en somme. Car la majorité des touristes ne restent qu'une journée, deux tout au plus.

Zou, à la prochaine étape, toujours à Nazca, vous découvrirez un cimetière de momies assez particulier, un atelier d'extraction d'or et... ce que j'ai bien cru être un OVNI ^^

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Posté par SrNicolas à 00:31 - Pérou - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


07 mai 08

Etape 12, Nazca : la suite

Certaines photos de cet article, représentant des cadavres momifiés, peuvent heurter la sensibilité de certaines personnes.

carte11Profil de l'étape

Toujours Nazca, parce qu'il n'y a pas que les lignes
Calendrier : du 29 au 31 décembre 2007


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Nazca, toujours.

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Un voyageur qui s'attarde à l'hôtel, ça ne court pas les rues. Alors rapidement, je fais connaissance avec l'envers du décor lors de mes journées sans programme. Discussion avec les employés qui font leur lessive sur la terrasse, repas avec eux le soir dans un petit restau sans prétention... Je me fonds dans la nonchalance de la ville, rencontre ses gens, et vit au rythme de la cumbia qui résonne sur ses trottoirs. A certains endroits, des chiens errants fouillent les poubelles, des petits vieux tuent le temps sur le pas de leur porte et des nuages de gaz et de poussière s'échappent des voitures qui passent.

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Je rencontre aussi deux français, de manière assez inattendue. Une fille tout d'abord, de mon âge, qui voyage au Pérou depuis deux mois, rêve de s'y installer, ayant quitté la France pour mieux la fuir. Elle a trouvé un petit job a l'hôtel et prépare les petits déjeuners des clients, le matin. Deux chiens l'accompagnent, abandonnés suite au grand séisme quelques mois auparavant qui a tout détruit, quelques dizaines de kilomètres plus loin.

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Et puis, il y a R..., un Normand que je croise également à l'hôtel. Alors lui, il a carrément décidé de faire un tour du monde express en un mois. Il a déjà "fait" l'Albanie, les USA, la Nouvelle Zélande... Il était encore à Las Vegas 48h auparavant et, selon ses projets, sera au salar d'Uyuni quatre jours après. Le voyage idiot dans toute sa splendeur.

Bref. Place aux activités, histoire de nous occuper un peu. Une matinée, un guide m'emmène (avec R... donc) au cimetière de Chauchillas, à quelques dizaines de km de Nazca. On emprunte des chemins en plein dans le désert pour finalement arriver sur le site.

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Ce site archéologique est un cimetière Huari (pré-inca), le seul du pays qui a en partie survécu aux pilleurs de tombes et où l'on peut observer les momies dans leur cadre naturel. Quand les archéologues ont découvert Chauchillas, 90% des dizaines de tombes avaient déjà été violées. Le reste est ce qui se visite de nos jours, sous surveillance permanente.
Ce qui surprend, et pourrait même faire croire à un immense attrape-touristes, c'est la stupéfiante conservation des momies. Reposant dans leurs chambres funéraires sous le sol, certaines d'entre-elles ont encore leurs cheveux et un peu de peau... Selon le guide, cela s'explique par l'absence d'humidité et la qualité du sol. Une expérience assez troublante.

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On trouve aussi quelques momies au tout petit musée, à côté.

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Pour le détail... Même les ongles sont restés

Pendant ce temps, un phénomène étrange et impressionnant se produit dans le ciel. Sur le coup, nous ne comprenons pas. Une énorme auréole (tellement énorme qu'elle rentre à peine dans l'objectif de l'appareil photo) entoure le Soleil. Evidemment, Nazca étant connue pour vouloir attirer les bestioles de l'espace, on s'est d'un coup demandé si ce n'était pas une soucoupe volante géante et si le remake en réel de Mars Attacks n'était pas pour aujourd'hui...

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Mais soyons sérieux. Il s'agirait ni plus ni moins d'un "cercle-en-ciel" (en fait, tous les arc-en-ciel sont des "cercles" mais dont la moitié est cachée par l'horizon). Pour plus de renseignements, ne faites pas appel à moi.

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Autre visite non dénuée d'intérêt : l'atelier d'extraction d'or. Les employés y travaillent à l'ancienne, les pieds dans l'eau boueuse, les mains dans le mercure... La récolte de l'or, même s'il ne s'agit que de quelques grammes, emploie 1/3 de la population active de Nazca. Le premier client, forcément, est le touriste.

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Après quelques jours bien tranquilles, je quitte Nazca le 31 décembre pour rejoindre Raph et Louis (nouveau compagnon de route en perspective, youpi) à Lima, la capitale du Pérou, sur la côte de l'océan pacifique. Pour une fois, j'emprunte le bus local, qui s'arrête dans les petits villages sur son chemin. Le passage par Ica me permet de constater les dégats causés par le tremblement de terre d'août 2007 (magnitude de 8 sur l'échelle de Richter, 510 morts selon le gouvernement, 85000 foyers détruits) : on voit bien que les péruviens s'attachent à reconstruire rapidement, mais le paysage est encore un paysage de guerre. Certains villages sont détruits à 80%... Des murs sans toits, des briques en tas et des tas de planches, des conditions misérables devant des lendemains qui déchantent. Touriste dans un bus de péruviens devant le spectacle du désastre qui s'est abattu sur eux, j'ai préféré laissé l'appareil photo rangé le plus souvent.

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Et, malgré cela, quelques heures plus tard, je serai en boîte, prendrai une Vodka Martini secouée mais non agitée, et passerai du malaise à l'oubli.

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31 mai 08

Etape 13, Lima

carte12Profil de l'étape

Lima,
Calendrier : du 31 décembre 2007 au 5 janvier 2008
Caractéristiques : un peu de repos avant l'Amazonie
Ne pas oublier : commencer le traitement antipaludique en prévision des prochaines semaines


Je mets les pieds à Lima à plus de 22h, et débarqué au terminal de bus, je trouve un taxi pour gagner l’hôtel où se trouvent Raph et Louis, quelques kilomètres plus loin. Les rues sont vides, l’ambiance est glauque. Arriver seul dans une grande ville la nuit en en connaissant les risques éventuels n’est pas rassurant. Vigilance.

L’auberge de jeunesse où je rejoins les deux compères, le "Loki", n’est autre qu’une guesthouse accueillant des dizaines d’étudiants de tous coins du monde, répartis dans des dortoirs. Dans les couloirs et la salle commune, c'est l'effervescence. Il me faut un peu de temps pour me réhabituer au bruit et à l'ambiance estudiantine, mais rapidement, les évènements me rattrapent et me font oublier les vertus ataraxiques de la cordillères des Andes.
Ce soir, c'est Saint Sylvestre. Louis, Raph et moi privilégions une boîte de nuit sur le bord de mer de Miraflores.

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Nous passons 5 jours à Lima. On ne peut pas dire qu'en soit, la ville soit intéressante. Morne, elle n'invite pas vraiment à la flânerie, tandis que le ciel bleu des jours de beau temps est constamment caché par un énorme nuage de pollution... L'avantage est le ciel rose des fins de journées, qui vient curieusement embellir la ville.

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Miraflores, le quartier de notre hôtel, rassemble une bonne partie de la classe riche dans des bâtiments sans charmes décorés d'enseignes McDo, Burger King, Pizza Hut... On pourrait être dans une banale ville américaine, il n'y aurait pas de grandes différences. C'est insipide, et s'il s'agit du quartier le plus sûr, on tourne vite en rond.

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Le centre historique, seule véritable curiosité de la ville, est un curieux mélange d'architecture coloniale, de bâtiments néo-classiques et d'Art Nouveau... S'il est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, on reste cependant frappés par son état de dégradation.

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En voici un qui ne se fait pas de cheveux blancs

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Il suffit de traverser le fleuve : changement de décor.

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Pour le reste, Lima est une ville triste, hypertrophiée, un bordel mieux organisé que La Paz, mais pour nous moins charmant. Il n'y a pas grand chose à voir, et de toute façon ici, s'éloigner = se mettre en danger (comme la fois où des gens nous ont déconseillé de continuer lorsque nous nous dirigions vers le port maritime de Callao). Ne pas se sentir libre dans ses déplacements finit par en être frustrant et pesant.

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Malgré tout, Lima reste une étape des 100 Jours à part entière... Elle marque la fin de notre périple en Cordillère des Andes... et n'avoir rien à faire à du bon. Comme chercher les petits détails qui tuent.

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Posté par SrNicolas à 07:30 - Pérou - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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