11 mars 08
Epilogue
Lille, 19 février 2009.
D'aucuns remarqueront, non sans pertinence, que ce blog n'est
plus alimenté. Condensé en suspension de mon voyage comme étudiant sur le
continent sud-américain, j'espère qu'il vous plaira d'y trouver un peu
de dépaysement, d'informations, ou autre chose encore.
Je suis ignoble. Je laisse mon site à l'abandon. N'hésitez
cependant pas à le parcourir. Car aussi incomplet soit-il, ses nombreuses pages de récit et ses 600 et quelques photos ne sauraient tomber totalement aux oubliettes.
Par ailleurs, il vous est toujours possible de me contacter via la fonction "contact mail", pour des questions éventuelles auxquelles je répondrai volontiers !
12 mars 08
Avant de partir
... Parce que Nap' n'a pas le monopole de la formule, le hasard a voulu qu'un certain périple entre Buenos Aires et Buenos Aires dure 100 jours. Même si l'heure est aujourd'hui à la reprise des cours à la fac pendant les quelques mois qu'il reste à passer en Argentine, je vous dois bien quelques souvenirs de voyage. Il a commencé dans un petit village au plus profond de la Cordillère des Andes et s'est achevé sur une terrasse d'immeuble à Rio de Janeiro. Entre deux, il y aura eu des paysages exceptionnels, des rencontres mémorables, des anecdotes cocasses, et quelques milliers de kilomètres en car ou en bâteau, le plus souvent.
Du salar d'Uyuni au Machu Picchu, de la forêt amazonienne au carnaval de Recife, ce voyage a souvent changé de visage. Les nombreuses photos viendront figer tous ces instants au goût d'éternité ou de frivolité, et les mots permettront de prolonger l'évasion, encore, un peu. Mais l'essentiel reste dans ce qui ne se voit pas, ce qui ne se dit pas, ce que l'on cherche à voir, et à entendre.
En deçà et au-delà des langages ordinaires, ce sont des paroles silencieuses.
Prêt pour l'embarquement ?

03.12.07, dans la région d'Uyuni (Bolivie)
Ah tiens, avant d'aller plus loin, quelques rappels d'usage :p
- Laisser des commentaires n'est pas interdit. Au contraire, c'est même obligatoire, histoire de montrer que vous avez au moins vu les photos.
- Agrandir les photos d'ailleurs, c'est possible ! Il suffit de cliquer dessus. Pas bête.
- Pour une fois, vos favoris vont vous servir. Inscrivez-y ce blog tout de suite.
- Et, bien évidemment, n'oubliez pas les précautions nécessaires à un tel voyage : vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la polio, l'hépatite A, l'hépatite B, la fièvre typhoïde, la fièvre jaune + répulsif anti-moustiques et traitement préventif contre le paludisme en zone 3. Je crois que c'est tout.
14 mars 08
Etape 1, de Salta à Tupiza
Hé, un peu d'enthousiasme, vieux ! Le voyage commence maintenant ^^
Départ : Salta (Argentine)
Arrivée : Tupiza (Bolivie)
Durée : 2 jours
Calendrier : du 28 au 29 novembre 2007
Caractéristiques : bolivianisation progressive et adaptation au milieu
Ne pas oublier : la liqueur de coca
Il y aura eu une vingtaine d’heures de car au départ de Buenos Aires le 24 novembre, et une pause de quelques jours à Tucuman. Mais donnons-nous rendez-vous directement dans la région de Salta, tout au nord de l’Argentine.
L'équipe est formée. Raph, Cyp, Gérôme, Clara, Xavier et moi nous nous retrouvons là-bas les derniers jours de novembre. Le 28, lorsque nous prenons le bus pour monter progressivement vers la frontière bolivienne via Salvador de Jujuy, le dépaysement, déjà, est brutal.
Si la province que nous traversons est la plus pauvre du pays, le paysage en est aussi l’un des plus extraordinaires. Nous parcourons la Quebrada de Humahuaca, une région de montagnes où la palette de couleurs observables (tons verts, gris, rouges) est digne de celle d’un peintre impressionniste. Une colline porte ce nom, La Paleta del Pintor. Et puis, des cactus, par centaines, partout. Les gens d’ici sont habitués et s’évadent dans leurs pensées ou leurs siestes, tandis que nos yeux se collent aux vitres et que nos appareils photos mitraillent. Pourtant, ça n’est que le début.
Tilcara est le premier village où nous nous arrêtons. Une petite vieille garde nos sacs tandis que nous partons explorer les alentours où vivent 3000 âmes… Première occasion aussi de mâcher des feuilles de coca, permettant de mieux supporter l’altitude. Mine de rien, faut dire que l’on est déjà à 2500 mètres. Nous achetons aussi une liqueur de coca que, visiblement, je suis le seul à apprécier, vu sa très forte concentration en sucre.
En soirée, un bus nous mène à Purmamarca. Si les touristes répondent présents, ils disparaîtrons bien vite, ne serait-ce que quelques dizaines de kilomètres plus haut.
Le village est implanté dans un site remarquable, avec la « montagne aux 7 couleurs ».
Dès le lendemain midi, tandis que Xavier repart pour Tucuman, nous reprenons la route, direction la frontière. Premier bus de la journée pour Humahusca, puis pour La Quiaca/Villazon. On commence à compter les étrangers sur les doigts d’une main. Le temps se gâte, le ciel se couvre. Les paysages sont désertiques et sinistres, bien que grandioses. Ici et là, on croise quelques groupements de maisons fantômes, identiques les unes aux autres, perdues au milieu de nulle part. Pas un chat, pas une âme : glauque.
En début de soirée, après 2h passées debout dans un bus plein à craquer, nous parvenons enfin à la frontière. Terminus, tout le monde descend.
Il fait froid, le vent se lève, la nuit tombe. Passer de l’autre côté est notre seule préoccupation afin de ne pas avoir à attendre le lendemain au milieu de ce no man’s land.
Nous nous présentons donc à la douane, puis une fois entrés sur le territoire bolivien, remontons une grande rue très animée où s’accumulent les commerces de la petite ville. On y trouve à peu près tout ce qui peut se vendre dans le coin pour des broutilles… mais après avoir fait toutes les pharmacies, je renonce à trouver des comprimés purificateurs d’eau. Tant pis, on ne boira que de l’eau en bouteille.

Papi-cactus, un peu rustre mais fort sympathique
... Pas de photos pour la suite. Il fait trop sombre, le Soleil ayant disparu depuis longtemps derrière les collines. Nous décidons de ne pas passer la nuit sur place et de continuer jusqu’à Tupiza, à 80 km au nord. Dans le nouveau bus dans lequel nous montons, hormis deux françaises, nous sommes apparemment les seuls touristes, parmi les mémés boliviennes inséparables de leur chapeau, les hommes rentrant de leur travail et les jeunes mères tentant de calmer leurs chérubins. Juste avant le départ, un ado bolivien, bonnet sur la tête et petite flûte de pan, monte dans le véhicule et se lance a cappella dans un chant traditionnel. L’autocar est sur le départ, le temps est compté. Rapidement, le jeune chanteur demande « una monedad » et tend la main à de nombreux Boliviens, qui n’étant pas beaucoup plus riches que lui, lui offrent malgré tout quelques bolivianos.
Au dehors, l’orage éclate. Pendant 2h de trajet sur des « routes » obscures qui ne sont en réalité que des chemins de terre et de cailloux, les sièges vibrent, les vitres tremblent… D’après le peu que l’on observe à la lumière des phares de rares véhicules que l’on croise parfois, le sol est un véritable torrent d’eau et de boue : seule la chance nous permet d’échapper à l’embourbement et à une nuit passée à pousser le véhicule ou à attendre l’amélioration de la météo. Dans l’obscurité, à l’intérieur du bus, la plupart des gens, fatalistes, n’y songent probablement même pas. Après tout, les pépins de ce genre sont monnaie courante, par ici. Alors ils dorment, au son des reprises boliviennes de tubes anglais des 80’s et des coups de tonnerre déchirants.
Enfin, secoués et déjà bien dépaysés, nous arrivons à Tupiza et descendons en essayant de ne pas écraser la mère et son bébé qui sont couchés dans l’allée. Il est 22h, la ville est morte et étouffée par les trombes d’eau. Nous nous installons dans la première auberge venue. La nuit y coûte l’équivalent de 2€. Tous les restaurants montrent porte close, sauf celui en face de notre hôtel, où le gérant devant sa télé accepte de se remettre en cuisine afin de nous cuisiner des lomitos (pièces de viande de bœuf). Aux murs de la salle, sont affichés quelques posters de paysages exotiques pour les indiens (montagnes, lacs et forêts de pins) et des photos de belles femmes légèrement vêtues faisant la promotion d’un calendrier ou de la bière locale. Bienvenue en Bolivie.

























